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Introduction...
Tu
demandes d'où vient notre souffle de vie. Omar Khayam
Notre propos,notre contribution à la grande saga des loups, se veulent un appel à la tolérance, la compréhension et surtout à l'intelligence.Histoire, comportement, rencontres et réflexions, composent principalement la matière de cet essai. Nous voulons aussi extirper des esprits, de fausses vérités largement répandues, solidement incrustées au cours des siècles et, encore absurdement présentes aujourd'hui. Enfin, nous souhaitons faire aimer sans restriction aucune cet être noble, courageux et fidèle aux siens jusqu'à la mort, Le LOUP. Les pages qui suivent traitent du loup passionnément certes, mais honnêtement, avec des mots simples. Elles ont pour mission de procurer à ses amis humains, présents ou futurs, arguments et raisons efficaces et loyaux, afin de mettre un terme à sa persécution. Soyez profondément, farouchement véridiques . N'hésitez jamais à exprimer ce que vous pensez même quand vous vous trouvez en opposition avec les idées reçues. Auguste Rodin
Quant aux ennemis des loups, malheureusement encore trop nombreux, nous voudrions faire en sorte de leur inculquer le fait indéniable que cette espèce a le droit absolu de prétendre à la jouissance totale de sa liberté, au sein de la Nature. Au loup, nous devons restituer la sécurité et la paix, dans l'environnement dont nous l'avons dépossédé et pas seulement dans les parcs animaliers. Si ses adversaires admettent ce principe fondamental, si l'inimitié ou la haine qui obscurcissent leur raison, cèdent au bénéfice d'une neutralité, conduisant à une coexistence vraiment pacifique, nos vœux seront comblés. Restent les indifférents ; restent aussi ceux qui se voilent la face ou ignorent vraiment le drame, dont l'enjeu est la survie du loup. Si cette dernière catégorie d'acteurs de la tragédie (nous jouons tous un rôle dans cette sordide histoire, les mauvais comme les bons, les neutres "informés" comme les profanes) voulait bien corriger sa conduite. Au moins pour débuter, si elle affichait un intérêt bienveillant capable de se muer en compréhension réfléchie, voire amicale, elle ferait pencher la balance en faveur de la justice que nous devons au Grand Gentil Loup. "Aucun homme n'est assez riche pour racheter son propre passé ", disait Oscar Wilde. Et les loups ? Que ne donneraient-ils pas pour se débarrasser de leur abominable réputation ! Les hommes se voudraient-ils les seuls maîtres de la planète ? Force est de constater, la mort dans l'âme, qu'ils ont tout fait pour obtenir ce résultat, au détriment des autres espèces toutes aussi habilitées à posséder leur espace vital. Le loup est une créature supérieurement intelligente. Sans doute pour cette raison, non content de l'exterminer, l'homme l'a diffamé en le classifiant comme un animal nuisible. Nuisible ? Mais en quoi ? La réponse est aussi cruelle que niaise : le fauve n'est pas très bon à manger, d'autre part il est un rival pour les chasseurs, puisque c'est un prédateur et, circonstance aggravante, il nous ressemble dans certaines de ses moeurs, de ses rites, de ses habitudes. En outre, en ces temps ou les valeurs morales sont en berne, son courage et sa loyauté font naître une obscure jalousie chez ses détracteurs.Si le loup est un supposé mais modeste concurrent, pour les chasseurs et les braconniers, du côté de ceux qui se réclament d'une gauche caviardisante, d'une droite jouissive et de celui des zélateurs d'une Eglise catholique, romaine et décadente, il n'est pas mieux loti. Les marxistes prétendent que les animaux ne sont que des moyens que la nature nous offre pour être utilisés selon nos besoins. Les catholiques intégristes affirment pour leur compte, que ces moyens, c'est Dieu qui les met à notre disposition. Bonnet blanc et blanc bonnet, le discours est tristement identique. L'animal est toujours "un moyen" mis à notre service, taillable et corvéable à merci, cela va de soi. Les adeptes des divers christianismes partagent le même sentiment plus ou moins édulcoré. S'il revenait parmi nous l'homme du Néolithique n'en croirait pas ses oreilles. Les Egyptiens, les Indiens, les Grecs, les Celtes et les Perses non plus ! La bionique utilise particulièrement le "moyen" animal. Lieu de rencontre pour la technologie et la biologie, si cette science s'intéresse de si près aux mécanismes biologiques c'est uniquement afin de les mieux asservir aux nécessités des soldats et des industries. C'est ainsi que le système d'ultrasons de la chauve-souris a engendré le sonar, que les hélicoptères sont redevables de leurs performances à certains insectes... L'étude des dauphins a permis d'engranger une telle moisson d'observations et d'applications, dans le domaine militaire, qu'elle est encore aujourd'hui classée top-secret. Les armées ne se sont pas privées d'utiliser des chats porteurs de fioles de poison, des chauve-souris équipées de bombes incendiaires, des chiens bardés de lames de faux... En Sibérie, on a vu des loups se livrer à de curieuses activités... On le voit, pour les défenseurs des loups et des animaux en général, le chômage n'est pas à craindre. R.D. Lawrence l'exprime intensément dans cette dédicace ! : Pour tous les loups du monde, pour les protéger et les comprendre. Pour ceux aussi qui cherchent à préserver cet extraordinaire animal, de la rapacité de l'homme et des conséquences dramatiques de ses superstitions. Cette pressante prière est aussi une clameur de mise en garde. Elle ne peut que nous exhorter vivement à remettre les pendules à l'heure. Les bébés phoques, c'est bien : la lutte pour la survie de toutes les espèces sauvages, menacées de disparition, est indispensable. De son issue, dépend notre propre survie. Tout près de nous, il y a les loups, moins exotiques il est vrai, mais tout aussi pourchassés ; tués pour le plaisir et la vanité de leurs prédateurs (surtout, les prédateurs civilisés). Si nous entreprenions enfin de balayer devant notre porte, l'épaisse et grasse poussière des idées reçues... Cendres crasseuses qui encombrent et ensevelissent tant d'esprits et de cœurs prétendument ouverts et charitables ! Notre mental bien déblayé, nos préjugés déracinés, les loups pourraient être à nouveau nos voisins paisibles et discrets, comme ils en ont le droit absolu et, sûrement l'envie profondément implantée dans leurs gènes. De la nature et des sociétés humaines dites primitives, nous sont parvenus des exemples, qui devraient nous inciter à la réflexion et nous mener enfin à une certaine Sagesse. Il nous faut porter un autre regard sur le peuple loup. Alors, et alors seulement, nous progresserons à grands pas, vers cet équilibre, cette harmonie, que par l'accumulation de nos coupables erreurs, nous sommes si près d'anéantir à jamais… Longue vie au loup !
Une histoire racontée peut signifier le monde. Maurice Merleau-Ponty
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