La chasse au loup
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Une vieille connaissance, grand chasseur devant l'Eternel, m'écrivait le 9 mars 1994... ...Un de mes cinqs fils, alors en Espagne en août 1974, à tué un loup, soit disant terreur des bergers. Ses dents avaient plus de cinq centimètres. Moi même, j'ai un loup naturalisé , très fort, que j'ai tué dans les " Picos de Europa " en 1955 après trois jours de battue. Mon dernier fils lui, à tué cet hiver un très grand loup noir en Bulgarie. Nous sommes très passionnés par les loups ... François de M... |
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Cher François, devant votre funeste passsion partagée par vos enfants et petits enfants, il vaut mieux ne pas être un loup très grand, très fort, en fait il vaut mieux ne pas être un loup tout court ! Je sais que vos descendants continuent à exécuter des loups un peu partout à l'est comme au sud, dans ces pays où l'argent obtient tout et surtout la mort des animaux. Mais au fait, parlons des traces que laisse la chasse derrière elle... Et en premier lieu, du plomb ! Une analyse de l'eau des lacs scandinaves et des glaces polaires à révelé récemment qu'au temps des romains, une énorme pollution atmosphérique s'était abattue sur l'Europe. Des doses de plomb vieilles de vingt siècles ont été arrachées aux glaces. En exploitant les mines d'argent, les romains libéraient le plomb du minerai. Bien des causes on provoqué la chute de l'empire romain, l'une d'entre elles est sans aucun doute, le saturnisme, l'empoisonnement du sang par le plomb. On sait que les romains extrayaient plus de quatre-vingt mille tonnes d'argent annuellement, ce qui équivaut à environ trente milles tonnes de plomb " larguées " dans la nature, fabuleuse quantité qui expédia " ad patres" une non moins fabuleuse quantité de mortels... De nos jours, les gentils chasseurs se contentent de nous offrir annuellement et bien contre notre volonté, quelques quatre milles tonnes de plomb, ce qui hélas et loin d'être négligable et motive notre légitime inquiétude. Et de l'inquiétude à la colère froide ou chaude il n'y a qu'un pas à franchir pour certains... Comment ne pas les comprendre puisque les chasseurs ne cessent de manifester leur agressivité à ceux dont le seul tort est d'aimer les animaux vivants et non point morts. On se demande quels sont ceux qu'on devrait enfermer dans des réserves, les "indiens" protecteurs respectueux de la nature, ou les prédateurs qui l'ésseulent et la vident. Il faut savoir qu'environ, à chaque tir, trente deux grammes de plomb terminent leur course dans la terre ou dans l'eau. A la fin d'une saison de chasse, nous obtenons nos quatre mille tonnes de plomb produits par les chasseurs français ( et nous n'évoquons ici que ce qui empoisonne la France). Les conséquences sont effrayantes même si elle n'atteignent pas l'ampleur de celles qui "ont aidé" l'empire romain à s'effondrer. Il est désormais absolument et malheureusement sûr que dans les étangs, les zones humides et marécageuses, où se concentrent chasseurs et oiseaux, certaines espèces sont atteintes de saturnisme, cette mortelle maladie. Le canard est plus atteint que d'autres. Le palmipède lorsqu'il fouille le fond de l'eau avec son bec ne sait pas différencier les plombs du gravier. Pour les oiseaux cela est pire ou pareil, comme on voudra. Une fois le volatile blessé, le plomb séjourne dans son organisme pendant un mois, et le métal libére un acide extrêmement toxique. Au delà de trois plombs ingérés l'oiseau va mourir d'empoisonnement. Comment connaître les conséquences de cet empoisonnement sur la chaîne alimentaire. Il est évident que, quelque soit le prédateur d'un animal intoxiqué, il court lui aussi le risque d'être contaminé.
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A propos, puisque nous parlons des chasseurs, quel fut donc le dernier loup tué (abattu, piégé, empoisonné) dans notre pays ? Nous n'allons pas revenir sur les tueries actuelles qui concernent des loups du Mercantour ou d'ailleurs car il s'agit de loups italiens, espagnols, ou provenant de ménageries. Nous allons tenter de savoir quel fut le dernier loup français dont la mort signifia l'éradication de cette race. Et ici tout se complique, s'embrouille... Le doute s'installe lorsque je comprend que dans bien des localités de France, il y a toujours un dernier loup, entre 1940 et 1995 environ. Ainsi dans "Espion chez les bêtes" ( Maraboutscope, 1964) l'auteur, François Merlet, nous conte comment il a photographié longuement en hiver et en France, un grand loup qu'il a suivi jusqu'à sa disparition complète. Cela se passait en 1962. Des témoignages comme celui-ci, il en existe beaucoup, souvent contradictoires quant à la date et au lieu. En fait, la seule conclusion que l'on puisse tirer de ce mystère, c'est qu'il y a toujours un dernier loup quelque part... Ainsi en 1954, selon des témoignages recueillis par "Terre Sauvage" le dernier loup "made in France" est tué en Isère. Ce qui invalide la mort du dernier loup du Limousin et de France toujours, tué lui, en 1949. "Mais non" rétorque Mikado magazine, dans son dossier sur le loup, s'il est vrai que le dernier loup français a bien été abattu en Isère, c'est en 1957. Entre 1970 et 1992, date d'apparition des loups au Mercantour, quinze à vingt loups ont été exécutés dans notre beau pays d'accueil. Il faut dire qu'il n'avaient pas la chance d'être des étrangers, ce n'étaient que des évadés de ménageries ou de maisons particulières. Souvenez-vous aussi, de 1977 à 1978, le pauvre loup assassiné des Vosges fait tant parler de lui qu'on envoie l'armée sur place comme au bon vieux temps du Gévaudan. Pour les haines ancestrales nous pouvons dormir sur nos deux oreilles, rien n'a bougé d'un pouce. Quand à la Bête des Vosges des temps plus anciens, ce fauve assoiffé de sang n'était qu'un chien errant. En 1986, un très sérieux journal de chasse annonce tout aussi sérieusement qu'ON vient de relâcher 4 loups toujours dans les Vosges mais aussi, dans les Landes. Sur place, il paraît que les parents n'osent plus envoyer leurs rejetons à l'école, que les touristes se sauvent par cars entiers. Bref, notre pays devient une terre de désolation, la panique s'installe.
Tant et tant de loup ont été occis, du début du XXème siècle à la fin des années 30, qu'il est impossible de les répertorier sérieusement. A partir de 1938, c'est autre chose. On voit si peu de loups qu'on commence à parler, ici et là, de derniers loups. Une sorte de triste compétition s'engage entre départements et même villages, c'est à qui l'emportera avec le dernier loup du coin. Comme en Dordogne, où les sources officielles continuent à mentir sans vergogne, en affirmant que le dernier loup exécuté dans la région, est celui de Sarlande, le 3 mars 1929. Et cependant il est archi-prouvé que c'est en 1940, très exactement le 6 décembre à 17 h 30 qu'à Javerlhac, fut abattu ce dernier loup par un chasseur local. Ce loup, pourtant bel et bien répertorié par l'Administration de Vichy, reste encore de nos jours, pratiquement inconnu. Personellement j'ai vu sa peau empaillée, mais rien ne m'assure qu'il était vraiment l'ultime... Voici une petite liste de loups connus et reconnus, tués par le fer, le feu ou le poison et identifiés, au fur et à mesure, par le funeste label... Dernier loup de France...
Cette énumération est encore loin d'être exhaustive. J'ai mémoire d'une bonne vingtaine d'autres cas de loups abattus et signalés. Il est possible que certaines de ces victimes aient été des hybrides de loups et de chiens errants. Quant aux loups aperçus, bien vus et même photographiés et filmés, ils sont aussi fort nombreux. Nous en reparlerons.
Alors, dangereux le loup ? Absolument toutes les enquêtes officielles effectuées par des organismes compétents depuis plus de 60 ans, dans tous les pays du monde ou de pseudos-attaques avaient été signalées, ont toujours fermement démontré et confirmé l'innocence du loup. Quoi qu'en dise toujours la presse à sensation, le loup n'attaque pas l'homme de manière délibérée, ou gratuite. |
Même en dehors de la chasse, la souffrance animale, est sans limite.
Pour clore ce chapître, un texte à la mémoire d'une jeune louve et de la bêtise humaine.
..."Cette fois-ci c'est la bonne" pérore le Nemrod engalonné, qui confie avoir passé 12 jours à l'affût, au cul de son optique hyper-sophistiquée ( tir à 280 mètres, mais peut mieux faire...) Douze jours, c'est long, même pour un prédateur qui va sans aucun doute, empocher une prime, se voir accrocher une médaille et, peut-être même quelques galons suplémentaires... Le sang versé est toujours grassement récompensé. Les radios et les chaînes de télévision nous ont submergé de reportages où cet incident était largement rapporté par le texte et par l'image et ou, plus que jamais, le loup, ennemi public n°1, était la victime expiatoire de la désinformation...Et cela à fait recette comme de coutume, tant il est vrai que la mort d'un animal sauvage et libre, excite les instincts meurtrier de l'homme. On a vu des images nombreuses de la jeune innocente abattue...Elle a été touchée au flanc et son bas-ventre à littéralement éclaté, répandant ses organes. A dix-huit mois, elle n'avait jamais mis bas et se promenait, comme peut le faire un mammifère insouciant, et surtout, elle était loin, fort loin, de tout troupeau. Elle n'avait commis aucune attaque, sur rien ni personne... On ne pouvait l'accuser d'aucun méfait. Non, cette petite louve ne savait rien du pouvoir de destruction des hommes, alimenté par une haine millénaire. ...Et l'engalonné, de passer à côté du cadavre, (s'appelait-il Blachier ou Vachier, je n'ai pas entendu son nom clairement) sa superbe et ses paroles de matamore m'écoeuraient. Heureux sont les hommes qui se trouvent des semblables à longueur de temps. Quand je vois un individu se vautrer et se vanter à côté d'une morte (toute disproportion gardée entre son armement quasi-infaillible et les crocs du jeune cadavre que l'on nous découvre complaisament à l'écran) j'ai beau tenter de me dire que ce tueur est sans doute mon semblable, je ne vois qu'un disemblable à qui je ne serrerai jamais la main ou n'adresserai la parole. Louve, Louve paisible dans la montagne, Louve à qui appartient la montagne, ignorante de nos préjugés et de nos interdits....Tu n'avais pas même connue l'amour et un homme qui n'était armé que pour mieux t'occire ne t'a guère laissée le temps de connaître un peu de joie de vivre au milieu des tiens. A présent, toujours à l'affût, il guette tes frères et tes soeurs... Attendant à nouveau le prix du sang.
... Et si vos petits humains ont du mal à s'endormir, plutôt que de compter des moutons, faites-leur compter des loups, ainsi plus tard, il leur sera bien plus difficile, d'appuyer sur une gâchette... |